1867-2007 : Les thés Kusmi
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Lorsque
Pavel arrive à 14 ans chez le marchand
de Saint Petersbourg, il ignore tout de l’origine
du thé. Ce qu’il sait se résume
au breuvage que lui et sa famille boivent toute
la journée, hiver comme été,
autour du samovar. Un liquide amer, adouci par
un morceau de sucre candi que l’on croque
ou des fruits frais que l’on met dans la
bouche et sur lesquels on fait passer le thé.
Pavel s’initie donc au thé tel qu’il
est importé en Russie dans la seconde moitié
du XIXème siècle. Tout d’abord
importé de Chine, le thé vient maintenant
également d’Inde. La grande particularité
du thé en Russie est qu’il est importé
par voie terrestre et qu’ainsi il évite
les ravages de l’humidité causés
par les voyages maritimes. Il est donc très
sec et d’excellente qualité.
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Le jeune homme apprend donc à déguster
les thés du Yunnan au gout de terre humide,
les thés de Keemun faibles en théine et
donc parfaits pour le soir. Il découvre les thés
forts d’Assam et les thés fins de Darjeeling
et apprend petit à petit à les mélanger
dans toutes les combinaisons possibles pour satisfaire
chaque client.
En Russie où depuis des siècles le thé
est une boisson nationale et où le rite du samovar
est rentré dans les mœurs, les marchands
de thé, grâce à leur goût
fin et recherché, avaient atteint une telle perfection
dans le choix des espèces que leurs mélanges,
réputés dans le monde entier, prirent
le nom de thés russes ou mélanges russes.
Lorsqu’il s’installe à son compte,
il a 13 ans de maison derrière lui, ce qui lui
confère une solide expérience et une connaissance
approfondie de tous les thés qui entrent en Russie.
Son activité est le commerce de gros de thé
mais aussi, dans une moindre mesure, de sucre et de
café. Il offre à ses clients une grande
variété de thés de Chine et d’Inde
puis à partir de 1890 de Ceylan qui devient un
important producteur. Sa large gamme se partage entre
les thés d’origine pure, les mélanges
de thés nature et les thés aromatisés
aux agrumes, grande spécialité russe puisque
ces fruits permettaient d’adoucir un thé
parfois âpre en goût.
Pavel crée, au cours des années, une quantité
de mélanges destinés à chaque gout
ou à chaque moment de la journée. La plupart
de ces mélanges existent encore et confèrent
toute sa richesse à la gamme des thés
Kusmi.
Par pur esprit paysan, il commence par numéroter
ses créations, ce qui nous permet aujourd’hui
de les dater sans trop de difficulté.
Ainsi l’on trouve dans l’ordre les Grands
Yunnan N°12 et 21 ; le Goût Polonais
N°18, d’abord nature puis, beaucoup plus tard,
aromatisé à la bergamote et au citron ;
le Thé du Matin N°24 dans son paquet rouge,
le N° 27 au goût anglais, devenu l’English
Breakfast, ou encore le
Darjeeling N°37.
Le Thé du Soir N°50 dit Caravane qui a été
nommé d’après les caravanes de 200
ou 300 chameaux qui rapportaient le thé de Chine
avant l’avènement du train transsibérien
en 1900. Ces thés ont été les premiers
proposés par la maison de thé Kousmichoff
entre 1867 et 1880. La numérotation simple nous
permet de nous retrouver avec le N°108, Bouquet
de Fleurs qui date dans son paquet doré de 1880.
C’est le thé que buvait le tsar jusqu’à
la Révolution. Viennent ensuite le Souchong Impérial
N°110 à la boîte noire, le thé
au Jasmin qui portera le N°155 et le Chine fumé
numéroté 210.
Mais à part ces mélanges classiques, Pavel
crée des thés parfumés aux fruits,
aux fleurs et aux épices. Et tous les ans, à
l’occasion des fêtes de Noël et du
nouvel an russe, il offre à ses clients un mélange
spécial appelé Prince Wladimir qui marie
avec un rare bonheur, agrumes vanille et épices.
Ce mélange fut créé par lui en
1888 pour fêter les 900 ans de la fondation de
la Sainte Russie par Wladimir le Grand. C’est
aujourd’hui la même recette, conservée
par les enfants de Viatcheslav, qui fait la renommée
du plus prisé des thés de Kusmi Tea.
Entre temps Viatcheslav créera à Londres
vers 1910 les mélanges Windsor et Victoria, toujours
vendus aujourd’hui. C’est là-bas
qu’il donne à Kusmi Tea une culture anglaise
qui permettra à la marque de plaire autant au
monde anglo-saxon.
Son arrivée à Paris marquera un tournant
dans l’histoire de Kusmi en faisant entrer la
Maison dans le monde de la gastronomie. Paris était,
plus encore à l’époque qu’aujourd’hui,
le centre du bon gout au sens premier du terme. Viatcheslav,
qui est un fin gourmet, se familiarise avec les arômes
alimentaires de l’époque et crée
toute une gamme de thés parfumés. Le thé
Kusmi est d’ailleurs couronné à
plusieurs reprises dans nombre d’expositions internationales
pour la perfection de ses mélanges.
Viatcheslav, puis Constantin créeront une multitude
de mélanges aromatisés dont le plus célèbre
restera Anastasia, créé en l’honneur
de la Grande-duchesse Anastasia, fille cadette des Romanoff,
âgée de 17 ans lors de l’exécution
de sa famille et dont la légende voudrait qu’elle
ait survécu au massacre.
Egalement fruit de leur imagination, Traktir, légèrement
fumé et épicé, Madras, Ile Maurice
ou Boston.
Enfin, de création plus récente, beaucoup
de nouveaux mélanges sont venus enrichir la gamme
des thés Kusmi. Le Kashmir Tchai, mélange
d’épices et de thé, le Thé
Vert à la Menthe, le thé au Chocolat-Epices,
spécialement créé pour le Salon
du Chocolat, Le Saint-Pétersbourg créé
en 2003 pour le tricentenaire de la ville. Le Vert Gingembre-Citron
qui devient un grand classique, est l’une des
meilleures ventes de Kusmi Tea au même titre que
la toute nouvelle gamme de thés orientés
vers la santé comme le Rooibos Vert Bio, l’Algothé
ou le Déthéiné aux Agrumes.
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